Joseph Vaylet

Né le 12 novembre 1894 dans la ferme du Mas Nouvel sur les hauteurs de la rive droite du Lot en amont de Saint-Geniez d’Olt. Ainé de quatre enfants, deux sœurs et un frère décédé bien jeune. Une vie d’enfant dans la nature, il va aider le berger à garder le troupeau, il court les champs et les bois, il apprend  à connaître la nature, le travail de la terre, son pays, il s’ouvre à la poésie. A six ans il rentre à l’école. Il est en pension dans une famille de Saint-Geniez. Sa langue maternelle est l’occitan. A l’école des Frères de l’école chrétienne il découvre la langue française avec l’aide et le bon sens des enseignants et il reste fidèle à sa langue maternelle. En 1907 départ pour le collège privé d’Espalion. Pensionnat loin de sa famille. Latin, disciplines nouvelles, internat, punitions qu’il ne peut pas toujours éviter, mais les litanies de vers à recopier le soir développent son goût de la versification.
Il découvre que sa langue maternelle s’écrit dans l’Ormonac Rouergas de 1907 qu’il réussit à acheter mais qu’un surveillant lui confisque. En 1911 il est fortement marqué par le discours en occitan que  le poète Justin Bessou fait devant le personnel du collège. Il découvre aussi les poèmes de François Fabié. En 1914 conseil de révision. Il prononce un discours patriotique au banquet de la classe. La guerre éclate et Joseph Vaylet est incorporé en novembre. La vie dans les tranchées, les combats. Fièvres, blessure, phlébite : une jambe douloureuse qui le fera souffrir toute sa vie. Hôpital, affectation dans l’aviation, retour au front. Mort de son père à l’automne 1918. Libération en août 1919.
Retour au Mas-Nouvel pour aider sa mère. En 1921 il achète la place de greffier du tribunal de commerce de Saint-Geniez. Trop handicapé par sa jambe, il cesse de travailler à la ferme.
Le 6 mars 1921 il participe à Rodez à la création de l’association félibréenne Le Grelh Roergàs. A partir de là il œuvre activement aux mouvements félibréens et occitanistes, il collecte de nombreux objets, il publie des poésies et des textes dans de multiples revues et participe aux concours poétiques aussi bien en occitan qu’en français. On ne compte pas les prix et les récompenses qu’il récolte
Touche à tout il entreprend des recherches sur nombre de sujets, prend des notes sur toutes sortes de supports, publie de nombreuses plaquettes, des livres, en prépare d’autres qui sont en attente de publication.
En 1924 il gagne Espalion où est installé le tribunal de commerce qui vient de fermer à Saint-Geniez. En août 1927 il épouse Alphonsine Vergély modiste et chapelière à Espalion. Roland nait en mai 1928 et sa soeur Mireille en avril 1932.
En 1930 il crée un groupe traditionnel Les troubadours qui présentent en costume traditionnel les danses et les chants. En 1943 c’est la troupe Lo reviscòl et en 1959 La Cabrette du Haut-Rouergue qui réunit cabretaires et danseurs. Joseph Vaylet chrétien fervent devient membre du Collège Bardique des Gaules ; il est fait barde. En 1937 il organise une grande fête druidique à Espalion et pour cette occasion il fait installer un dolmen au foiral. Il crée une revue l’Ohuc destinée aux soldats mobilisés et aux familles émigrées à Paris ou ailleurs. Il devient gérant de Le petit Aveyronnais.
Son activité félibréenne lui vaut d’être nommé Maître d’œuvre en 1933 puis Majoral du Félibrige en 1955. D’autres récompenses honorent ses recherches : Chevalier des Palmes académiques en 1935 puis officier en 1954 ; médaille de la Renaissance française en 1953, médaille du Mérite Civique en 1966, médaille d’honneur de la Jeunesse et des Sports. Disciple de Mistral, il se veut rassembleur d’objets témoins de la civilisation du Rouergue. Il en demande, il en achète, on lui en donne d’autant qu’on ne s’en sert plus. Tout cela pour garder la mémoire de la vie et des façons de vivre disparues. Tout cela s’entasse dans la cave de son appartement et devient en 1954 son premier musée. Il cherche un local pour entreposer ses collections et organiser une salle d’exposition. Son vœu se réalise en 1963 et son deuxième musée s’installe au Vieux Palais avec l’aide de la Caisse d’Épargne d’Espalion. Des expositions sont organisées dans la Chapelle des Pénitents (bénitiers en 1973, Madones en 1974). L’association Musée-Bibliothèque est créée en mai 1967. L’ancienne église Saint-Jean devient son troisième musée en 1976 avec l’aide de l’association, de la commune et du département. Les collections et la bibliothèque seront attribuées à l’association devant notaire. Le  musée s’enrichit à partir de 1980 de la salle du scaphandre Rouquairol et Denayrouze dédiée à l’invention des deux ingénieurs aveyronnais.
En juillet 1979 il reçoit le ruban rouge de la Légion d’Honneur au titre de la Culture.
Il disparait le 19 décembre 1982.