Présentation

La bibliothèque Joseph-Vaylet à Espalion


           Celui qui fut, en 1921, un des fondateurs du Grelh Roergàs vécut sa vie en la compagnie d’objets curieux ou chargés d’histoire mais aussi dans celle des livres, Par ses dispositions testamentaires, il souhaitait que sa bibliothèque puisse reprendre corps, Elle se trouvait, en effet, dispersée dans des cartons fort poudreux en lieux divers, victime du déménagement du Musée.
           Ainsi J. Vaylet se trouva, en ses dernières années, faute de local pour les accueillir, privé des livres sur lesquels il aurait souhaité travailler.
           Après sa mort, survenue en 1982, et dès que les travaux de restauration de la prison d’Espalion furent terminés, nous avons entrepris avec mon épouse, le travail de classement et la mise sur fiche des quelques six mille titres constituant le fonds Vaylet. Deux années ont permis d’ordonner et de recenser les ouvrages dans le calme parfois glacial d’une prison. S’il manque, particulièrement dans la Division « Revues » – abondamment fournie en titres régionalistes – des tables facilitant la consultation, cette dernière est tout de même possible (avec tout le plaisir rencontré à la découverte de ce que l’on ne cherchait pas à ce moment-là).
Cette bibliothèque est à l’image de notre félibre et ceux qui l’ont connu ne sauraient s’étonner de trouver à côté d’ouvrages liturgiques des titres sur l’occultisme ou le druidisme.
          On peut trouver :
→ Des dictionnaires – dont certains, fort précieux par leur ancienneté – et encyclopédies, les ouvrages remarquables par l’illustration ou l’impression.
→ Des œuvres philosophiques ou traitant de sciences occultes.
→ De nombreux titres sur la religion chrétienne.
→ Des titres relatifs à l’ethnologie, aux mœurs, aux coutumes et au folklore. Cette partie, on le comprend, est très riche.
→ De nombreux ouvrages de linguistique traitant aussi bien d’un patois très localisé que d’une langue régionale.
→ Des ouvrages anciens sur l’histoire des sciences, la botanique et la zoologie.
→ Des livres de science et de vulgarisation médicales mais aussi de cuisine.
→ La division Beaux-Arts est riche d’œuvres sur les arts dits mineurs et l’artisanat.
→ En la littérature et les belles-lettres, nous trouvons d’intéressants travaux de critique littéraire du 19° siècle et du début du 20°. Nous avons séparé la littérature générale française de la littérature régionale de langue française.
→ Plus de 1000 ouvrages  et plusieurs dizaines de revues en langue d’oc
→ Le rayon « poésie » (surtout celle du 19°) est riche d’œuvres parfois injustement oubliées.
→ Des monographies régionales, les ouvrages de voyage, la documentation touristique, les ouvrages d’histoire générale et d’histoire régionale – Les deux collections étant séparées, A ceci s’ajoutent les œuvres des Aveyronnais illustres. Mgr Affre, Alibert, Bonald, Fabre, Frayssinous, Monteil, Raynal, etc.
          Certains n’ont retenu de notre majoral que son goût pour la plaisanterie ou l’anecdote piquante, D’autres ne savent de lui que sa passion de collectionneur qui nous vaut un Musée des plus fréquentés. Le lecteur de ces lignes pourra se rendre compte du profond souci culturel et de l’éclectisme de ce personnage hors du commun. La bibliothèque n’est pas la moindre richesse que J. Vaylet ait laissé à l’Association qui, à Espalion, porte son nom.
          Des chercheurs plus particulièrement orientés vers une exploration large du régionalisme pourront trouver, en cette prison magnifiquement rénovée, le détail précieux, la pépite qui manquait dans leur battée pour éclairer leur travail.
          Les ouvrages ne peuvent être prêtés et sont consultables sur place.
          Le rayonnement de J. Vaylet et de son œuvre a fait que de généreux donateurs concourent à maintenir vivante cette bibliothèque. Nous savons que d’autres viendront s’ajouter à eux. Que tous soient ici remerciés.
René COUDERC Septembre 1988

Les membres de l’association Les Amis de Joseph Vaylet poursuivent le travail accompli par René Couderc et  travaillent à inventorier et classer les nombreux écrits et les dossiers de travail laissés par Joseph Vaylet.